Nous sommes allés voir le film, voici notre critique.
« Melancholia » est un film dramatique écrit et réalisé par Lars Von Trier, dont l’actrice Kirsten Dunst a reçu le prix de la meilleure interprétation féminine au festival de Cannes.
Justine (Kirsten Dunst) célèbre son mariage avec Michael (Alexander Skarsgard) sous le signe de l’échec. Sa maladie prend forme à travers cet événement qui a lieu dans la demeure de sa belle famille.
On apprend plus tard la nature de son mal être, le tabou de la dépression se brise. Sa sœur incarnée par Charlotte Gainsbourg l’assiste au quotidien. Leur relation oscille entre la haine et l’amour, un fossé psychologique les sépare. Tandis que la vie continue, une menace plane sur la planète Terre, sa collision prochaine avec la planète Melancholia.
Le prologue s’ouvre sur ce choc, vu de l’espace. On sait d’emblée quel sera le destin de la race humaine. Lars Von Trier a réussi à faire d’un thème de science-fiction, un film frappant de réalisme, une fin du monde psychologique relatée par une caméra subjective, sur fond de romantisme allemand. Des images spectaculaires, frôlant le fantastique entrecoupent celles du quotidien des personnages. La grandeur et la densité de la nature s’opposent à l’impuissance et la petitesse de l’Homme.
L’acte 1 du prélude de Tristan et Iseult composé par Wagner annonce dès les premières images le drame à venir, dans un souffle cataclysmique qui tient le spectateur en haleine.
Il accompagne tout au long du film les états d’âme des protagonistes, personnifiant la menace tant redoutée. Tout comme l’introduction d’un opéra, une mise en scène photographique et cinématographique grandiose plante le décor.
Le néant de la dépression est mis en parallèle avec le néant que provoquera pour Lars Von Trier, la fin d’un monde, celui de la planète Terre avec la certitude que l’homme est seul dans l’univers. Le réalisateur a su combiner avec génie deux tabous, dévoilés au fur et à mesure que l’acte final approche.
Le réalisateur a su combiner avec génie deux tabous, dévoilés au fur et à mesure que l’acte final approche. Il se sert de ses personnages comme de symboles. Justine représente le néant de la condition humaine et sa sœur, l’homme bercé d’illusion, avide de vivre. Si l’une se réalise dans la peur, l’autre finit par perdre raison.
Un scénario qui joue sur les oppositions, la peur terrible de mourir, la supériorité d’une nature qui se révolte, le désarroi qu’engendre la dépression. Melancholia nous laisse sur le sentiment vague de la mélancolie. C’est une réussite à tout point de vue !


